EN 60598 : sécurité des luminaires, classes, IP, IK
Guide - EN 60598
EN 60598 est la famille européenne de normes de sécurité des luminaires sous la directive Basse Tension 2014/35/UE. EN 60598-1 (édition 9.0:2020) couvre les appareils d'éclairage alimentés jusqu'à 1000 V en alternatif et 1500 V en continu ; plus de vingt-cinq parties EN 60598-2-xx ajoutent les exigences par catégorie. Ces parties particulières couvrent chaque catégorie d'usage : luminaires fixes, encastrés, portatifs, projecteurs, baladeuses, éclairage public, éclairage de secours, éclairage de scène et de studio. La famille est transposée de la série internationale IEC 60598 et listée comme suite de normes harmonisées au Journal officiel de l'Union européenne. Cette page expose le périmètre de la partie 1, la cartographie des parties 2-xx les plus utilisées, les classifications structurantes (classes d'isolement I, II et III, indices IP et IK), l'articulation avec les normes connexes de modules LED, d'appareillages de commande, de performance photométrique et de sécurité photobiologique, ainsi que les écueils observés en application.
En résumé :
- EN 60598-1 (édition 9.0:2020) est la partie horizontale : classification, construction, câblage, marquage, résistance à la chaleur et au feu.
- Plus de vingt-cinq parties EN 60598-2-xx ; en cas de divergence, la partie particulière prévaut sur la partie 1.
- Classe I (terre), classe II (double isolation), classe III (TBTS) ; IP selon EN 60529, IK selon EN 62262 jusqu'à IK10 (20 joules).
- Côté LED : EN 62031 (modules), EN 61347-2-13 (sécurité des drivers), EN 62384 (performance), EN 62471 (sécurité photobiologique).
Place d'EN 60598 dans la sécurité électrique des luminaires
Section intitulée « Place d'EN 60598 dans la sécurité électrique des luminaires »La sécurité électrique des luminaires en Union européenne releve de la directive 2014/35/UE Basse Tension (Low Voltage Directive, LVD). Cette directive couvre les matériels électriques destines a être utilises sous une tension comprise entre 50 et 1000 V en courant alternatif et entre 75 et 1500 V en courant continu. Les luminaires alimentes au réseau secteur, ou par un convertisseur d'alimentation secteur, entrent dans son périmètre. La présomption de conformité aux exigences essentielles de sécurité de la directive s'obtient par application des normes harmonisées publiées au Journal officiel de l'Union européenne, dont la famille EN 60598 constitue la reference principale pour les luminaires.
EN 60598-1 occupe une position horizontale : elle pose les exigences générales partagées par toutes les catégories de luminaires. Les normes particulières EN 60598-2-xx, dites verticales, posent les exigences propres a chaque type de luminaire. Le principe de combinaison est défini en partie 1 : les exigences particulières complètent les exigences générales et, en cas de divergence, les exigences particulières prévalent. Un projet de certification implique donc systématiquement de lire conjointement la partie 1 et la ou les parties 2-xx pertinentes.
La parente la plus proche d'EN 60598 dans le catalogue IEC est EN 60335, dédiée a la sécurité des appareils electrodomestiques et analogues. Les deux familles partagent une architecture identique (partie 1 horizontale, parties 2-xx verticales) et certaines exigences d'isolation, de marquage et de protection thermique. Mais leur périmètre diverge : EN 60335 vise les appareils dont la fonction principale est autre que l'éclairage (cuisson, lavage, réfrigération, chauffage, soins personnels), tandis qu'EN 60598 vise les appareils dont la fonction principale est de fournir un éclairage. Un appareil mixte (par exemple, un ventilateur de plafond avec luminaire integre) peut relever des deux familles, chacune pour la partie qui la concerne.
EN 60598-1 : structure de la partie horizontale
Section intitulée « EN 60598-1 : structure de la partie horizontale »L'édition courante de la publication internationale, IEC 60598-1, est l'édition 9.0 datée de 2020. La transposition européenne EN 60598-1 reprend ce texte avec d'éventuelles déviations CENELEC, et la reference exacte de l'édition harmonisée sous LVD se consulte sur la page officielle de la Commission européenne dédiée a la directive. La structure de la partie 1 suit l'ordre logique d'un dossier de conception et d'essais.
| Section | Contenu |
|---|---|
| Definitions | Vocabulaire commun a toute la serie : luminaire, source lumineuse, appareillage de commande, classes d'isolement, types de montage |
| Classification | Mode d'alimentation, classe d'isolement, protection contre la pénétration (IP), protection contre les chocs (IK), conditions d'installation, type de source |
| Marquage | Informations obligatoires sur le produit, l'emballage et la notice : tension, fréquence, puissance, classe, IP, marquages pictographiques |
| Construction | Resistance mécanique, fixations, cheminements de cables, capots, accessibilite des parties sous tension, douilles, supports de source |
| Cablage externe et interne | Sections de conducteurs, isolation, modes de raccordement, dispositifs de retenue, distances dans l'air et lignes de fuite |
| Mise a la terre | Continuite et impedance de la liaison de terre pour les luminaires classe I, dispositifs de mise a la terre des parties accessibles |
| Bornes | Types de bornes admis, capacité de raccordement, essais mécaniques de serrage et de desserrement |
| Resistance a la chaleur, au feu et au cheminement | Essai au fil incandescent, essais d'inflammabilité, classification UL 94 des matériaux plastiques |
| Resistance d'isolement et rigidité diélectrique | Mesure de la résistance d'isolement, essais de rigidité diélectrique entre parties sous tension et masses accessibles |
| Endurance et essais thermiques | Fonctionnement en régime permanent, fonctionnement en défaut, releve de températures maximales |
La séquence d'essai en laboratoire reprend ces sections dans l'ordre, en combinant essais documentaires sur le dossier de conception et essais physiques sur prototype. Pour le détail des modules d'évaluation de conformité applicables aux luminaires, voir les normes harmonisées CE.
Quelle différence entre les classes d'isolement I, II et III ?
Section intitulée « Quelle différence entre les classes d'isolement I, II et III ? »La classe d'isolement décrit le principe de protection contre les chocs électriques retenu par la conception. Le choix conditionne le marquage, la construction des barrières isolantes et les regles de raccordement cote installation.
| Classe | Principe de protection | Marquage typique | Application |
|---|---|---|---|
| Classe I | Isolation principale plus mise a la terre des parties métalliques accessibles | Symbole de terre, borne PE | Luminaires fixes industriels, éclairage public, projecteurs sur mat |
| Classe II | Double isolation ou isolation renforcée, sans terre de protection | Pictogramme du double carre | Luminaires domestiques, certains luminaires LED grand public, baladeuses |
| Classe III | Alimentation en très basse tension de sécurité (TBTS) issue d'une source séparée | Pictogramme TBTS réglementaire | Luminaires de mobilier, éclairage décoratif basse tension, éclairage d'urgence sur batterie |
Le choix de la classe est rarement neutre. Une classe I impose une borne et un conducteur de terre dans tout le câblage en aval, ce qui pese sur le coût d'installation et la complexité du produit. Une classe II evite la terre mais exige une double couche isolante ou un matériau renforce dimensionne au-dela de la simple isolation principale ; les distances dans l'air et les lignes de fuite sont accrues. Une classe III deplace le problème vers la source TBTS, qui doit elle-même être certifiée séparément (typiquement sous IEC 61558 ou IEC 61347 selon le cas).
Indice IP : protection contre les corps solides et les liquides
Section intitulée « Indice IP : protection contre les corps solides et les liquides »L'indice IP (Ingress Protection) suit la grille EN 60529. Le premier chiffre qualifie la protection contre les corps solides, le second la protection contre les liquides. Une lettre additionnelle peut être ajoutée pour des conditions particulières (essais avec corps étranger, équipement sous tension lors de l'essai d'eau).
| Code | Protection solides (1er chiffre) | Protection liquides (2eme chiffre) |
|---|---|---|
| 0 | Aucune protection spécifiée | Aucune protection spécifiée |
| 1 | Corps solides de plus de 50 mm | Gouttes verticales |
| 2 | Corps solides de plus de 12,5 mm | Gouttes inclinées jusqu'a 15 degrés |
| 3 | Corps solides de plus de 2,5 mm | Pluie inclinée jusqu'a 60 degrés |
| 4 | Corps solides de plus de 1 mm | Projections d'eau de toutes directions |
| 5 | Poussiere : pénétration limitée, sans atteinte au fonctionnement | Jets d'eau de toutes directions |
| 6 | Etanche a la poussière | Jets d'eau puissants |
| 7 | (non applicable au premier chiffre) | Immersion temporaire (jusqu'a 1 m, 30 min) |
| 8 | (non applicable au premier chiffre) | Immersion prolongée, profondeur spécifiée par le fabricant |
Les exigences IP varient selon la partie 2-xx applicable. Un luminaire intérieur de bureau peut viser IP20 (protection contre les doigts, aucune protection contre l'eau), un luminaire de salle de bains IP44 ou IP65 selon la zone d'installation, un projecteur extérieur IP65 ou IP66, un luminaire encastre dans le sol piscine IP68 avec immersion spécifiée. La partie 1 d'EN 60598 renvoie a EN 60529 pour les méthodes d'essai et pour la grille de codification.
Indice IK : protection contre les impacts mécaniques
Section intitulée « Indice IK : protection contre les impacts mécaniques »L'indice IK (Impact Protection), défini par EN 62262, qualifie la résistance du luminaire aux chocs mécaniques externes. La grille va de IK00 a IK10, indexée sur l'énergie d'impact appliquée lors de l'essai.
| Code | Energie d'impact | Application typique |
|---|---|---|
| IK00 | Non protege | Luminaires intérieurs en zones protégées |
| IK02 | 0,2 J | Luminaires intérieurs courants |
| IK04 | 0,5 J | Luminaires en zone semi-protegee |
| IK06 | 1 J | Luminaires industriels intérieurs |
| IK07 | 2 J | Luminaires industriels et collectifs |
| IK08 | 5 J | Luminaires en zone accessible au public |
| IK09 | 10 J | Luminaires extérieurs robustes |
| IK10 | 20 J | Luminaires routiers, sportifs, antivandalisme |
IP et IK sont indépendants. Un luminaire IP66 etanche peut être IK02 si son boîtier est en plastique mince et fragile : il resiste a la pluie mais pas a un projectile. Un luminaire IK10 antivandalisme peut être IP44 si son joint d'étanchéité est limite a une protection contre les eclaboussures. La spécification produit doit afficher les deux indices simultanément et l'audit doit vérifier la cohérence avec la catégorie d'usage visee.
Quelle partie EN 60598-2-xx s'applique à votre luminaire ?
Section intitulée « Quelle partie EN 60598-2-xx s'applique à votre luminaire ? »La serie particulière compte plus de vingt-cinq publications. Le tableau ci-dessous regroupe les parties les plus fréquemment rencontrées dans les dossiers de certification européens.
| Reference | Categorie de luminaire | Application typique |
|---|---|---|
| EN 60598-2-1 | Luminaires fixes a usage général | Plafonniers, appliques résidentielles et tertiaires |
| EN 60598-2-2 | Luminaires encastres | Spots et downlights encastres dans plafond ou paroi |
| EN 60598-2-3 | Luminaires d'éclairage public et de route | Lanternes routières, lampadaires urbains |
| EN 60598-2-4 | Luminaires portatifs a usage général | Lampes de bureau, lampes de chevet |
| EN 60598-2-5 | Projecteurs | Projecteurs de façade, de terrain de sport, de chantier |
| EN 60598-2-8 | Baladeuses (hand-lamps) | Baladeuses d'atelier, éclairage portatif industriel |
| EN 60598-2-9 | Luminaires pour photographie et cinéma | Sources de prise de vue professionnelles |
| EN 60598-2-13 | Luminaires encastres dans le sol | Eclairage de circulation, marquage au sol, abords de piscine |
| EN 60598-2-17 | Luminaires de scène et de studio | Projecteurs de spectacle, éclairage de plateau télévision |
| EN 60598-2-20 | Guirlandes lumineuses | Guirlandes décoratives, festoons, éclairage saisonnier |
| EN 60598-2-22 | Luminaires d'éclairage de secours | Blocs autonomes BAES, sources centralisées BAEH |
| EN 60598-2-23 | Eclairage TBT a filaments | Systemes a très basse tension, éclairage décoratif sur rail |
| EN 60598-2-24 | Luminaires a température de surface limitée | Luminaires en environnement a risque thermique, anti-poussière |
Chaque partie 2-xx complete EN 60598-1 par des exigences spécifiques : indices IP et IK minimaux, contraintes mécaniques particulières, méthodes d'essai additionnelles, marquages reglementaires. Les luminaires d'éclairage de secours sous EN 60598-2-22 forment un cas particulier important : leur conformité implique en pratique le respect des regles d'installation et de surveillance posées par EN 50171 (sources d'alimentation centrale) et EN 50172 (systèmes d'éclairage de secours), qui complètent la norme produit par une approche système.
Normes connexes : modules LED, appareillages de commande, performance photométrique
Section intitulée « Normes connexes : modules LED, appareillages de commande, performance photométrique »Un luminaire LED n'est pas couvert intégralement par la seule EN 60598. Plusieurs normes connexes s'appliquent aux sous-ensembles internes et aux performances declarees.
Securite des modules LED : EN 62031
Section intitulée « Securite des modules LED : EN 62031 »EN 62031 specifie la sécurité des modules LED utilises pour l'éclairage général. Le texte couvre la classification, les exigences d'isolation, les essais de rigidité diélectrique, le marquage, les conditions d'échauffement et les exigences de résistance aux contraintes mécaniques de fixation. Un module LED utilise dans un luminaire EN 60598 doit démontrer la conformité EN 62031 a part entière, soit par un dossier propre du fabricant du module, soit par intégration dans le dossier du luminaire.
Appareillage de commande : EN 61347-2-13 et EN 62384
Section intitulée « Appareillage de commande : EN 61347-2-13 et EN 62384 »Le driver LED est couvert par deux normes complementaires. EN 61347-2-13 specifie les exigences de sécurité des appareillages de commande électroniques alimentes en courant continu ou alternatif pour modules LED. C'est la norme de sécurité électrique du driver, dans la famille horizontale EN 61347 dédiée aux appareillages de commande de toutes sources lumineuses. EN 62384 specifie les exigences de performance des mêmes drivers : tolérances de courant de sortie, tolérances de tension de sortie, facteur de puissance, ondulation résiduelle, conditions d'entree. Un driver certifie EN 62384 mais non certifie EN 61347-2-13 ne couvre pas la sécurité électrique et ne peut pas être integre dans un luminaire visant le marquage CE sous LVD sans complément.
Performance photométrique : LM-79, EN 13032, EN 12464
Section intitulée « Performance photométrique : LM-79, EN 13032, EN 12464 »La caractérisation photométrique d'un luminaire LED suit des protocoles distincts des normes de sécurité. LM-79, publie par l'IES, specifie les essais photométriques et électriques sur le luminaire complet : flux lumineux total, efficacité, distribution spatiale, température de couleur, indice de rendu des couleurs. En Europe, EN 13032 (en plusieurs parties) specifie la méthode de mesure et la présentation des données photométriques des lampes et des luminaires, et constitue la reference de mesure dans la chaine de déclaration EPREL sous le règlement étiquetage énergie. EN 12464 (en plusieurs parties) ne specifie pas la mesure mais l'exigence de niveau d'éclairement applicable aux lieux de travail intérieurs (partie 1) ou extérieurs (partie 2) : c'est la norme d'usage, lue cote installateur et concepteur lumière, pas cote constructeur.
Maintien du flux : LM-80 et TM-21
Section intitulée « Maintien du flux : LM-80 et TM-21 »Le maintien du flux lumineux d'une LED dans le temps est caracterise en deux temps. LM-80, publie par l'IES, specifie les conditions de mesure du flux lumineux d'une LED ou d'un module LED dans une chambre thermostatée, sur des durée prolongées (au moins 6 000 heures, recommandation a 10 000 heures pour les déclarations longues). TM-21 specifie la méthode d'extrapolation a partir des données LM-80 pour projeter une durée de vie utile, exprimée en valeurs L70 ou L80 : durée au bout de laquelle le flux résiduel n'est plus que de 70 ou 80 pour cent du flux initial. Ces deux protocoles ne sont pas harmonises sous LVD, mais sont la reference de fait dans les cahiers des charges techniques B2B et dans les déclarations de performance en marche public.
Securite photobiologique : EN 62471
Section intitulée « Securite photobiologique : EN 62471 »EN 62471, transposition d'IEC 62471, traite des risques pour les yeux et la peau lies au rayonnement optique émis par une source lumineuse. La norme classe les sources en groupes de risque (groupe exempt, groupe 1 risque faible, groupe 2 risque modere, groupe 3 risque eleve) en fonction du flux mesure dans des bandes spectrales sensibles (UV-A, UV-B, bleu rétinien, infrarouge). Les LED a température de couleur élevée ou a flux concentre tombent souvent en groupe 1, parfois en groupe 2, ce qui entraine des obligations de marquage et d'avertissement spécifiques. EN 62471 n'est pas couverte par EN 60598 : sa conformité est évaluée en parallèle, et la directive LVD couvre les deux aspects.
Voir aussi
Section intitulée « Voir aussi »- Modules PV : IEC 61730 sécurité, IEC 61215 perf
- EN 62471 et EN 60825 : sécurité photobio et laser
- IEC 60945 : équipement maritime et radiocommunication
- Directive Machines 2006/42/CE et Reglement (UE) 2023/1230
- PED 2014/68/UE: équipements sous pression et catégories I-IV
Energie et écoconception : articulation avec ErP et l'étiquette énergie
Section intitulée « Energie et écoconception : articulation avec ErP et l'étiquette énergie »La conformité électrique d'un luminaire au titre d'EN 60598 ne suffit pas a sa mise sur le marche européen lorsqu'il entre dans le périmètre des règlements d'exécution de la directive ErP 2009/125/CE. Pour les sources lumineuses, le règlement (UE) 2019/2020 fixe les exigences d'écoconception (efficacité lumineuse minimale, exigences de démontabilité, déclarations) et impose l'enregistrement dans la base EPREL. Le règlement (UE) 2019/2015 fixe les regles d'étiquetage énergie des sources lumineuses avec l'échelle A a G, applicable depuis septembre 2021. La déclaration EPREL constitue une obligation distincte de la conformité LVD : un luminaire conforme EN 60598 mais non enregistre dans EPREL n'est pas commercialisable. Pour le détail de ce régime, voir le guide ErP et étiquetage energetique.
Le consortium ZHAGA : interfaces normalisées pour LED
Section intitulée « Le consortium ZHAGA : interfaces normalisées pour LED »ZHAGA est un consortium industriel hose par l'IEC. Il publie des spécifications d'interface mécanique, électrique et de commande pour les sous-ensembles d'un luminaire LED. L'objectif est d'assurer l'interchangeabilité des modules LED, des drivers et des accessoires de commande entre fabricants. Les spécifications, dites ZHAGA Books, couvrent des périmètres precis.
| Book | Perimetre |
|---|---|
| Book 1 | Vocabulaire et regles générales pour les interfaces de luminaires LED |
| Book 3 | Interface module LED a connecteur, pour usage spot directionnel |
| Book 7 | Interface module LED rond a connecteur, pour usage de plafond |
| Book 18 | Interface de noeud de communication sur luminaire d'éclairage extérieur, en lien avec le protocole D4i / DALI 2 |
| Book 20 | Interface électrique et de communication pour modules d'urgence |
ZHAGA n'est pas une norme harmonisée sous LVD. Le respect d'une ZHAGA Book ne dispense pas de la certification EN 60598. Mais l'interface ZHAGA conditionne en pratique l'éligibilité d'un produit a certains marches publics européens d'éclairage public et l'aptitude au remplacement modulaire en service, ce qui rejoint les objectifs de reparabilite portes par le règlement (UE) 2024/1781 (ESPR) et le passeport produit numerique.
Marquage, fiche photométrique et information du fabricant
Section intitulée « Marquage, fiche photométrique et information du fabricant »EN 60598-1 fixe la liste des informations obligatoires a porter sur le luminaire et dans la documentation accompagnante. Les marquages produit incluent au minimum la marque du fabricant, la reference du modele, la tension nominale, la fréquence nominale (pour les luminaires alternatifs), la puissance nominale, la classe d'isolement (pictogramme du double carre pour la classe II), l'indice IP, éventuellement l'indice IK, la température ambiante maximale d'utilisation (ta), la température de surface de la source (tc) et les pictogrammes spécifiques a la partie 2-xx applicable.
La fiche photométrique, lorsqu'elle accompagne le luminaire, suit le format EN 13032 et indique : flux lumineux total, efficacité (lumens par watt), température de couleur, indice de rendu des couleurs (IRC, ou CRI), distribution spatiale (courbe polaire), angles de demi-intensite. Pour les sources lumineuses au sens du règlement (UE) 2019/2020, ces données sont reportées dans la déclaration EPREL.
La notice utilisateur doit comporter les conditions d'installation, les précautions de mise en oeuvre, les conditions d'entretien et les avertissements lies au groupe de risque photobiologique EN 62471 lorsqu'il depasse le groupe exempt. Une notice incomplète ou contradictoire avec le marquage est une cause frequente de non-conformité lors d'un controle de surveillance du marche.
Pieges classiques observes sur le terrain
Section intitulée « Pieges classiques observes sur le terrain »Sans prétention exhaustive, plusieurs écueils reviennent dans les rapports d'organismes notifies, de laboratoires accredites et d'autorités de surveillance.
- Traiter uniquement la partie 1 sans identifier la ou les parties 2-xx applicables. Un projecteur extérieur certifie EN 60598-1 sans application d'EN 60598-2-5 n'est pas conforme : il manque les exigences spécifiques aux projecteurs (IP, IK, fixation, orientation). De même, un luminaire encastre dans le sol sans application d'EN 60598-2-13 n'a pas demontre sa conformité a la catégorie d'usage.
- Confondre IP et IK. Les deux indices sont indépendants et caractérisent des risques distincts. Un luminaire IP66 peut être IK02, donc etanche mais fragile aux chocs. Pour l'éclairage public, IP66 et IK10 sont systématiquement requis simultanément ; pour l'éclairage intérieur de bureau, IP20 et IK02 peuvent suffire. Le défaut d'évaluation d'un des deux indices est releve au controle.
- Omettre l'évaluation EN 62471 sur les sources LED a flux eleve. La directive LVD couvre la sécurité électrique et la sécurité photobiologique. Une LED en groupe 1 ou 2 sans marquage ni avertissement spécifique constitue une non-conformité, particulièrement pour les luminaires destines aux espaces publics et aux lieux de travail.
- Integrer un driver LED conforme EN 62384 mais non conforme EN 61347-2-13. La première norme couvre la performance, la seconde couvre la sécurité. Un driver doit démontrer la conformité EN 61347-2-13 pour entrer dans un luminaire vise par EN 60598 et marquage CE sous LVD. La verification doit être faite au dossier de chaque composant critique.
- Ne pas implémenter une interface ZHAGA lorsque le cahier des charges public la suppose. Plusieurs appels d'offres d'éclairage public européens spécifient explicitement l'interface ZHAGA Book 18 pour permettre l'ajout ultérieur d'un noeud de communication D4i / DALI. Un luminaire mécaniquement et électriquement conforme EN 60598-2-3 mais dépourvu de cette interface se trouve exclu du marche cible, sans recours technique simple.
- Sous-estimer le couplage EN 60598-2-22 / EN 50171 / EN 50172 pour l'éclairage de secours. La norme produit EN 60598-2-22 ne suffit pas a l'installation : les conditions d'alimentation centrale (EN 50171) et la conception du système d'éclairage de secours (EN 50172) doivent être vérifiées en amont. Une fourniture limitée a la conformité produit, sans verification système, est insuffisante pour livrer un site fini.
- Negliger la chaine d'enregistrement EPREL et d'étiquetage énergie. Une source lumineuse conforme EN 60598 mais non enregistrée dans EPREL n'est pas commercialisable. La déclaration EPREL combine les données électriques de la partie LVD, les données photométriques EN 13032 et les indicateurs d'efficacité issus du règlement (UE) 2019/2020. Voir le guide ErP pour la séquence réglementaire complete.
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »Cette page expose le cadre général d'EN 60598 et de ses normes connexes. Les terminologies spécifiques (classes d'isolement, indice IP, indice IK, groupe de risque photobiologique, LM-80, TM-21) sont définies dans le glossaire. Pour la mise en perspective avec le marquage CE et la séquence réglementaire complete, voir les normes harmonisées CE. Pour l'articulation avec l'écoconception et l'étiquetage énergie des sources lumineuses, voir le guide ErP et étiquetage energetique.
Sources & références
- IEC 60598-1, Luminaires, Part 1 General requirements and tests , IEC webstore.iec.ch/publication/60572
- Directive 2014/35/UE Basse Tension (LVD) , EUR-Lex eur-lex.europa.eu/eli/dir/2014/35/oj
- Normes harmonisées sous la directive Basse Tension , Commission européenne single-market-economy.ec.europa.eu/single-market/european-standards/harmonised-standards/low-voltage_en
- IEC 62471, Photobiological safety of lamps and lamp systems , IEC webstore.iec.ch/publication/7076
- IEC 62031, LED modules for général lighting, Safety spécifications , IEC webstore.iec.ch/publication/61046
- IEC 61347-2-13, Lamp controlgear, Part 2-13 Particular requirements for d.c. or a.c. supplied electronic controlgear for LED modules , IEC webstore.iec.ch/publication/63487
- ZHAGA Consortium , ZHAGA www.zhagastandard.org/
Questions fréquentes
- Quel est le périmètre de la norme EN 60598-1 ?
- EN 60598-1 est la norme horizontale de sécurité des luminaires. Elle couvre les appareils d'éclairage destines a être alimentes en courant alternatif jusqu'a 1000 V et en courant continu jusqu'a 1500 V. La transposition européenne EN 60598-1 reprend la publication internationale IEC 60598-1, édition 9.0 datée de 2020. Le texte fixe les regles générales : classification (classes d'isolement I, II et III, type de montage, conditions d'installation), construction, isolation, mise a la terre, câblage interne, bornes, résistance mécanique, résistance a la chaleur et au feu, indices de protection IP et IK, marquage et information du fabricant. Les exigences particulières a chaque type de luminaire sont posées dans les parties 60598-2-xx, qui s'appliquent en complément et, en cas de divergence, prévalent sur la partie 1.
- Comment se decompose la serie EN 60598-2-xx ?
- La serie compte plus de vingt-cinq normes particulières, chacune dédiée a une catégorie de luminaire. Les plus courantes en pratique sont EN 60598-2-1 (luminaires fixes a usage général), EN 60598-2-2 (luminaires encastres), EN 60598-2-3 (éclairage public et de route), EN 60598-2-4 (luminaires portatifs a usage général), EN 60598-2-5 (projecteurs), EN 60598-2-8 (baladeuses), EN 60598-2-13 (luminaires encastres dans le sol), EN 60598-2-17 (scène et studio), EN 60598-2-20 (guirlandes), EN 60598-2-22 (éclairage de secours, en lien avec EN 50171 et EN 50172), EN 60598-2-23 (éclairage très basse tension a filaments) et EN 60598-2-24 (luminaires a température de surface limitée). Le fabricant doit identifier la ou les parties 2-xx applicables a son produit et combiner leurs exigences avec la partie 1.
- Quelle est la différence entre les classes d'isolement I, II et III ?
- La classification reprend les catégories générales de la sécurité électrique. Un luminaire classe I assure la protection contre les chocs électriques par une isolation principale et par la mise a la terre des parties métalliques accessibles : il comporte une borne de terre et exige un conducteur de protection dans le câblage d'alimentation. Un luminaire classe II repose sur une double isolation ou une isolation renforcée, sans terre de protection ; il porte le pictogramme réglementaire du double carre. Un luminaire classe III est alimente en très basse tension de sécurité (TBTS) issue d'une source séparée dont la tension de sortie ne depasse pas les seuils TBTS définis dans la partie 1. La classe choisie conditionne le marquage, les distances dans l'air et les lignes de fuite, ainsi que la mise en oeuvre électrique cote installation.
- A quoi servent les indices IP et IK et comment les distinguer ?
- L'indice IP (Ingress Protection), défini par EN 60529, qualifie la protection contre la pénétration des corps solides (premier chiffre, 0 a 6) et des liquides (second chiffre, 0 a 8 voire 9K pour la projection a haute pression). L'indice IK, défini par EN 62262, qualifie la protection contre les impacts mécaniques externes, de IK00 (aucune protection spécifiée) a IK10 (énergie d'impact de 20 joules). Les deux indices sont indépendants : un luminaire d'éclairage public peut viser IP66 et IK10 simultanément. La partie 1 d'EN 60598 renvoie a EN 60529 et EN 62262 pour les méthodes d'essai, et chaque partie 2-xx peut imposer un IP ou IK minimal en fonction de l'usage (encastre dans le sol, baladeuse, projecteur extérieur).
- Quels textes encadrent les modules LED et les drivers de luminaires ?
- Trois references s'articulent autour de la partie LED d'un luminaire. EN 62031 specifie la sécurité des modules LED utilises pour l'éclairage général : isolation, marquage, résistance a l'échauffement, classification. EN 61347-2-13 specifie la sécurité des appareillages de commande électroniques alimentes en courant continu ou alternatif pour modules LED, dans la famille horizontale EN 61347. EN 62384 specifie les exigences de performance (et non plus seulement de sécurité) des mêmes appareillages de commande : tolérances de courant et de tension de sortie, facteur de puissance, ondulation. Un luminaire LED relevant d'EN 60598 incorpore donc des composants soumis a ces trois normes connexes, plus les normes de performance photométrique et photobiologique.
- Que mesurent les protocoles LM-79, LM-80 et TM-21 ?
- Ces trois protocoles, publies par l'Illuminating Engineering Society (IES) aux Etats-Unis, encadrent la caractérisation photométrique et la durée de vie des produits LED. LM-79 specifie les essais photométriques et électriques sur le luminaire LED complet : flux lumineux total, efficacité lumineuse, distribution spatiale, température de couleur, indice de rendu des couleurs. LM-80 specifie la mesure du maintien du flux lumineux d'un module ou d'une LED individuelle, en chambre régulée, sur des durées prolongées (typiquement 6 000 a 10 000 heures de releves). TM-21 specifie la méthode d'extrapolation a partir des données LM-80 pour projeter la durée de vie L70 ou L80 (heures au bout desquelles le flux résiduel est encore de 70 ou 80 pour cent du flux initial). Ces protocoles ne sont pas harmonises sous LVD mais sont largement repris dans les cahiers des charges techniques et les déclarations EPREL.
- Qu'est-ce que la consortium ZHAGA et que normalise-t-elle ?
- ZHAGA est un consortium industriel international, hose par l'IEC, qui publie des spécifications d'interface entre les sous-ensembles d'un luminaire LED : modules LED, drivers, holders, connecteurs, interfaces de commande sans fil. Les livres ZHAGA (ZHAGA Books) décrivent par exemple les interfaces mécaniques et électriques d'un module LED interchangeable, ou la connectique standardisée d'un module de communication sur un luminaire d'éclairage public (Book 18 pour les noeuds D4i / DALI). ZHAGA ne se substitue pas a EN 60598, mais facilite la mise sur le marche de produits modulaires dont les composants restent interchangeables apres mise en service, ce qui rejoint les objectifs de reparabilite portes par l'ESPR et la directive ErP.
- Quels sont les pieges fréquents lors de l'application d'EN 60598 sur un luminaire LED ?
- Cinq écueils reviennent dans les rapports d'organismes notifies et de laboratoires. Premier piege, traiter uniquement la partie 1 sans identifier la partie 60598-2-xx applicable ; un projecteur extérieur certifie EN 60598-1 sans EN 60598-2-5 n'est pas conforme. Deuxième piege, omettre l'évaluation EN 62471 pour les LED a température de couleur élevée. Troisième piege, confondre IP et IK : un luminaire IP66 peut être IK02, donc fragile aux chocs malgré son étanchéité. Quatrième piege, employer un driver LED qui n'est pas conforme EN 61347-2-13 mais seulement EN 62384, ce qui couvre la performance et non la sécurité. Cinquième piege, déployer un produit connecte sans implémenter l'interface ZHAGA Book 18 alors que le cahier des charges public le suppose, ce qui interdit l'intégration ultérieure de noeuds de commande.