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ETSI EN 303 645 : cybersécurité IoT consommateur

ETSI EN 303 645 est la norme socle de cybersécurité pour les objets connectés grand public. Publiée comme norme européenne en juin 2020 (V2.1.1) puis révisée en septembre 2024 (V3.1.3), elle compte aujourd'hui 78 provisions, dont 36 obligatoires. Elle n'est pas harmonisée au titre de la directive RED article 3.3, où la présomption de conformité passe par la série EN 18031, mais c'est le texte sur lequel s'appuient les règlements britanniques PSTI, le label de Singapour et l'ancien label finlandais. Ce guide détaille ce que la norme exige réellement, provision par provision, la façon dont ETSI TS 103 701 l'évalue, et sa place à côté de la RED et du Cyber Resilience Act.

Le serveur ETSI deliver liste toutes les versions publiées. L'historique de l'annexe C de la V3.1.3 et les dates de transposition nationale de son avant-propos donnent la chronologie ci-dessous. Aucune version postérieure à la V3.1.3 n'est publiée au 7 octobre 2026.

DateDocumentÉvénement
Février 2019TS 103 645 V1.1.1Première publication, sous forme de spécification technique ETSI
Juin 2020EN 303 645 V2.1.1Publication comme norme européenne, « expansion to 68 provisions » (annexe C)
Juin 2020TS 103 645 V2.1.2Même contenu technique qu'EN 303 645 V2.1.1
Août 2021TS 103 701 V1.1.1Première spécification d'évaluation de conformité
Janvier 2024TS 103 645 V3.1.1Révision visant à améliorer l'applicabilité et la testabilité
11 juin au 9 septembre 2024EN 303 645 V3.1.2Procédure d'approbation EN
11 septembre 2024EN 303 645 V3.1.3Adoption, puis publication en septembre 2024
31 décembre 2024EN 303 645 V3.1.3Date d'annonce (doa)
30 juin 2025EN 303 645 V3.1.3Date limite de publication nationale (dop/e) et de retrait des normes nationales divergentes (dow)
Mai 2025TS 103 701 V2.1.1Méthode d'évaluation alignée sur TS 103 645 V3.1.1 et EN 303 645 V3.1.3

Deux conséquences en découlent. Un rapport d'essai « EN 303 645 » n'a de sens qu'avec son numéro de version, car la liste des provisions a changé entre la V2.1.1 et la V3.1.3. Et le règlement britannique vise la V2.1.1 datée du 19 juin 2020 : la version qui donne la conformité présumée au Royaume-Uni n'est pas la version en vigueur.

L'introduction de la norme liste les documents dont elle est issue, parmi lesquels le rapport du DCMS britannique « Secure by Design: Improving the cyber security of consumer Internet of Things » (mars 2018), les recommandations de base de l'ENISA pour l'IoT, le cadre de l'IoT Security Foundation, les IoT Security Guidelines de la GSMA, la DIN SPEC 27072 et l'OWASP IoT Top 10. Son objectif déclaré vise les « elementary attacks on fundamental design weaknesses (such as the use of easily guessable passwords) », et non les attaques prolongées, sophistiquées ou nécessitant un accès physique durable. Le botnet Mirai de 2016, constitué de routeurs domestiques et de caméras IP, est l'illustration habituelle de cette catégorie de faiblesses.

Les provisions sont « primarily outcome-focused, rather than prescriptive » : elles disent ce qui doit être obtenu, pas quelle technologie employer. L'introduction annonce aussi la direction prise : les révisions futures rendront obligatoires des provisions qui sont aujourd'hui des recommandations.

La clause 1 couvre les « consumer IoT devices that are connected to network infrastructure (such as the Internet or home network) and their interactions with associated services ». Sa liste d'exemples, non exhaustive :

  • jouets connectés et babyphones ;
  • détecteurs de fumée, serrures et capteurs d'ouverture connectés ;
  • passerelles IoT, stations de base et hubs auxquels se connectent plusieurs objets ;
  • caméras, enceintes et téléviseurs connectés avec leurs télécommandes ;
  • trackers de santé portés ;
  • systèmes domotiques et d'alarme connectés ;
  • appareils électroménagers connectés, comme lave-linge et réfrigérateurs ;
  • assistants domestiques.

La seule exclusion du texte vise les équipements « primarily intended to be used in manufacturing, healthcare or other industrial applications » ; les équipements de contrôle industriel relèvent d'autres séries comme l'IEC 62443. La définition d'objet IoT grand public ajoute deux notes utiles en pratique : un objet grand public utilisé dans un contexte professionnel reste un objet IoT grand public, de même qu'un objet installé par un professionnel. Les « services associés » (applications mobiles, cloud, API tierces choisies par le fabricant) font partie du produit IoT, et le « fabricant » désigne tout opérateur économique concerné de la chaîne d'approvisionnement, pas seulement celui qui assemble l'objet.

ClauseContenu
1 à 3Domaine d'application, références (aucune référence normative), termes et abréviations
4Mise en œuvre de la norme : les provisions s'appuient sur l'analyse de risques et la modélisation des menaces du fabricant ; la norme « does not define a testing or certification method »
5Provisions de cybersécurité : 5.0 (rapport de mise en œuvre) et 5.1 à 5.13
6Provisions de protection des données
Annexe AArchitectures, états de l'objet, interfaces (informative)
Annexe BModèle de déclaration de conformité de l'implémentation (ICS), tableau B.1 (informative)
Annexe CHistorique des modifications

Le tableau B.1 affecte à chaque provision une ou plusieurs notations :

  • M : exigence obligatoire (« shall »).
  • R : recommandation (« should »). La provision 5.0-1, elle-même obligatoire, impose de consigner une justification pour chaque recommandation non applicable ou non satisfaite.
  • C : conditionnelle ; si la condition (note numérotée) n'est pas remplie, la provision est marquée N/A.
  • F : ne s'applique que si une fonction, capacité ou mécanisme existe (note lettrée), par exemple « debug interfaces exist on the device ». La notation F est nouvelle en V3 ; la V2.1.1 n'utilisait que M, R et C.

Les décomptes ci-dessous proviennent du tableau B.1 de chaque version. Les entrées « Void » de la V3.1.3 (5.3-4, 5.3-6, 5.3-15, 5.6-4, 5.13-1, 6-3) ne sont pas comptées : chacune a été scindée en provisions « A » et « B ».

ClauseTitre (traduit)V2.1.1 (M / R)V3.1.3 (M / R)Provisions obligatoires en V3.1.3
5.0 (4 en V2)Rapport de mise en œuvre1 / 01 / 05.0-1
5.1Pas de mot de passe par défaut universel5 / 05 / 15.1-1 à 5.1-5
5.2Gérer les signalements de vulnérabilités1 / 21 / 25.2-1
5.3Maintenir le logiciel à jour7 / 97 / 125.3-2, -3, -7, -8, -10, -13, -16
5.4Stocker de façon sécurisée les paramètres de sécurité sensibles4 / 04 / 05.4-1 à 5.4-4
5.5Communiquer de façon sécurisée4 / 44 / 45.5-1, -5, -7, -8
5.6Réduire les surfaces d'attaque exposées3 / 63 / 75.6-1, -2, -4A
5.7Garantir l'intégrité du logiciel0 / 20 / 2aucune
5.8Sécuriser les données personnelles2 / 12 / 15.8-2, -3
5.9Rendre les systèmes résilients aux pannes0 / 30 / 3aucune
5.10Examiner les données de télémétrie0 / 10 / 1aucune
5.11Faciliter la suppression des données utilisateur1 / 31 / 35.11-1
5.12Faciliter l'installation et la maintenance0 / 30 / 3aucune
5.13Valider les données d'entrée1 / 02 / 05.13-1A, -1B
6Protection des données4 / 16 / 36-1, 6-2, 6-3A, 6-3B, 6-5, 6-6
Total33 / 35 (68)36 / 42 (78)

Quatre des treize clauses (5.7, 5.9, 5.10, 5.12) ne contiennent que des recommandations. Un produit peut être conforme à EN 303 645 sans démarrage sécurisé, à condition de consigner la justification exigée par la provision 5.0-1.

Lorsque des mots de passe sont utilisés, dans tout état autre que l'état usine, ils « shall be unique per device or defined by the user » (5.1-1). Les mots de passe uniques préinstallés doivent être générés de façon à réduire le risque d'attaques automatisées (5.1-2). La V3 ajoute une recommandation de ne pas utiliser de mots de passe pour l'authentification de machine à machine (5.1-2A). L'authentification doit reposer sur une cryptographie conforme aux bonnes pratiques (5.1-3), l'utilisateur ou un administrateur doit disposer d'un moyen simple de changer la valeur d'authentification (5.1-4), et les attaques par force brute via les interfaces réseau doivent être rendues impraticables, sauf contrainte de ressources liée au cas d'usage (5.1-5).

Le fabricant « shall make a vulnerability disclosure policy publicly available » (5.2-1), avec au minimum des coordonnées de contact et les délais d'accusé de réception et de suivi jusqu'à résolution. Traiter les vulnérabilités dans des délais adaptés (5.2-2) et assurer une veille continue (5.2-3) sont des recommandations. La norme cite l'ISO/IEC 29147 parmi ses références informatives.

Les points obligatoires comprennent un mécanisme de mise à jour sécurisé sauf contrainte de ressources liée au cas d'usage (5.3-2), des mises à jour simples à appliquer (5.3-3), une cryptographie conforme aux bonnes pratiques pour les mises à jour (5.3-7), des mises à jour de sécurité dans des délais adaptés (5.3-8), la vérification d'authenticité et d'intégrité des mises à jour livrées par une interface réseau (5.3-10), la publication de la « defined support period » (5.3-13) et une désignation de modèle clairement identifiable (5.3-16). La période de support définie est la durée minimale, exprimée en durée ou par une date de fin, pendant laquelle des mises à jour de sécurité seront fournies ; la norme ne fixe aucune durée minimale.

Les paramètres de sécurité sensibles en stockage persistant doivent être stockés de façon sécurisée (5.4-1) ; une identité unique codée en dur doit résister à la falsification (5.4-2) ; les paramètres de sécurité critiques codés en dur dans le code source sont interdits (5.4-3) ; et les clés servant à l'intégrité des mises à jour et aux communications avec les services associés doivent être uniques par objet (5.4-4). Les environnements d'exécution de confiance (TEE) et les éléments sécurisés apparaissent comme exemples, pas comme exigences.

L'objet « shall use best practice cryptography to communicate securely » (5.5-1). La norme ne nomme aucune version de protocole : la « best practice cryptography » est définie comme une cryptographie adaptée au cas d'usage et sans indice d'attaque réalisable avec des techniques couramment disponibles. Les modifications de configuration touchant à la sécurité via une interface réseau exigent une authentification (5.5-5), les paramètres de sécurité critiques transmis via des interfaces réseau accessibles à distance doivent rester confidentiels (5.5-7) et être gérés par des processus sécurisés (5.5-8).

Les interfaces réseau et logiques inutilisées doivent être désactivées (5.6-1), la divulgation non authentifiée d'informations utiles à la sécurité réduite au minimum (5.6-2), et les interfaces de débogage (points de test, UART, SWD, JTAG) « disabled or protected via a best practice authentication or access control mechanism » (5.6-4A). La protection physique des ports de débogage, le moindre privilège, la réduction du code, le contrôle matériel d'accès à la mémoire et les processus de développement sécurisé sont des recommandations.

  • 5.7 Intégrité logicielle : la vérification par démarrage sécurisé (5.7-1), qui part d'une racine de confiance, et l'alerte en cas de modification non autorisée (5.7-2) sont toutes deux des recommandations.
  • 5.8 Données personnelles : les données personnelles sensibles envoyées aux services associés doivent être protégées par une cryptographie conforme aux bonnes pratiques (5.8-2), et toutes les capacités de captation externes (caméra, microphone, etc.) doivent être documentées pour l'utilisateur (5.8-3).
  • 5.9 Résilience : les trois provisions, dont le maintien d'un fonctionnement local après perte du réseau, sont des recommandations.
  • 5.10 Télémétrie : l'examen de la télémétrie pour y détecter des anomalies de sécurité est une recommandation.
  • 5.11 Suppression des données utilisateur : les utilisateurs « shall be provided with functionality such that all their user data can be erased from the consumer IoT device in a simple manner » (5.11-1) ; le reste est recommandé.
  • 5.12 Installation et maintenance : recommandations uniquement.
  • 5.13 Validation des entrées : les données saisies via les interfaces utilisateur (5.13-1A) et via les interfaces réseau (5.13-1B) doivent être validées.

La clause 6 est une liste unique de provisions numérotées 6-1 à 6-8 (le tableau B.1 écrit 6.1, 6.2...). La norme indique qu'elle « can help » pour la conformité au RGPD ; elle ne reprend pas les articles du RGPD.

ProvisionExigence (V3.1.3)Statut
6-1Information claire et transparente sur les données personnelles traitées, les finalités, par qui et pour combien de temps, y compris les tiers comme les annonceursM
6-2Moyen de recueillir un consentement valide, lorsque le traitement repose sur le consentementM (F)
6-3AMoyen de retirer le consentement à tout momentM (F)
6-3BMoyen de conserver l'information sur le consentementM (F)
6-4Traitement des données personnelles de télémétrie limité au nécessaireR (F)
6-5Information sur la télémétrie collectée, son usage, par qui et pourquoiM (F)
6-6Données limitées au nécessaire pour les finalités de 6-1, et supprimées lorsqu'elles ne sont plus nécessairesM (F)
6-7Pour un résultat agrégé : données minimales, agrégation précoce, conservation minimaleR (F)
6-8Recours aux technologies d'anonymisationR (F)

Les provisions 6-3B, 6-6, 6-7 et 6-8 n'existent pas dans la V2.1.1, qui comptait cinq provisions en clause 6.

La clause 4 d'EN 303 645 précise que la norme ne définit pas de méthode d'essai et qu'une façon d'évaluer la conformité est donnée par TS 103 701, intitulée « Conformance Assessment of Baseline Requirements ». La V2.1.1 en vigueur (mai 2025) renvoie à TS 103 645 V3.1.1 et à EN 303 645 V3.1.3. Ses traits principaux :

  • Qui évalue : le laboratoire peut faire partie du fournisseur (première partie, auto-évaluation), d'une organisation utilisatrice (deuxième partie) ou être un organisme indépendant (tierce partie). Les exigences de compétence comme l'ISO/IEC 17025 sont « out of the scope » du document, tout comme la définition d'un schéma de certification.
  • Apports du fournisseur : l'ICS (tableau B.1 d'EN 303 645, avec Y, N ou N/A et une justification pour chaque N/A ou N) et l'IXIT, informations complémentaires sur l'implémentation nécessaires aux essais, base d'une méthodologie en boîte grise.
  • Profondeur : les scénarios de test visent un « basic effort » ; l'analyse invasive des modules matériels et logiciels est hors champ.
Phase (clause 4.3)ActeurContenu
1FournisseurIdentification de l'objet testé
2FournisseurICS complété
3FournisseurIXIT pour chaque provision revendiquée « Yes »
4LaboratoireValidation de l'ICS : aucune provision obligatoire revendiquée « N », déclarations N/A plausibles
5LaboratoirePlan de test et groupes de tests pour chaque provision revendiquée « Yes »
6LaboratoireVerdict global

Les verdicts sont PASS, FAIL ou INCONCLUSIVE, au niveau du cas de test, du groupe de tests et du verdict global. Un PASS global exige un ICS valide et un PASS pour chaque provision revendiquée. Si une provision recommandée échoue, les résultats peuvent être réutilisés pour un PASS sur un ICS qui ne la revendique plus, avec justification. Le contenu du rapport d'évaluation est laissé au schéma qui l'utilise.

La partie 1 du Product Security and Telecommunications Infrastructure Act 2022 est rendue opérationnelle par le SI 2023/1007, en vigueur depuis le 29 avril 2024. L'annexe 1 fixe trois exigences de sécurité pour les fabricants de produits connectables concernés ; l'annexe 2 précise quand un fabricant est « treated as complying ».

Exigence PSTI (annexe 1)Conformité présumée (annexe 2, condition A)
Mots de passe uniques par produit ou définis par l'utilisateur, non fondés sur des compteurs incrémentaux ou des informations publiquesEN 303 645 V2.1.1, provision 5.1-1 et, le cas échéant, 5.1-2
Point de contact publié pour les problèmes de sécurité, avec délais d'accusé de réception et de suiviProvision 5.2-1, ou ISO/IEC 29147:2018 paragraphes 6.2.2, 6.2.5 et 6.5
Période de support définie publiée, exprimée avec une date de fin, jamais raccourcieProvision 5.3-13, avec la définition britannique de la période de support

Évolutions depuis l'entrée en vigueur :

  • SI 2025/211 (en vigueur le 25 février 2025) : lorsqu'un fabricant prolonge la période de support, la nouvelle période doit être publiée dès que possible ; les véhicules à moteur, les véhicules à deux ou trois roues et quadricycles, et les véhicules agricoles et forestiers couverts par les règlements européens de réception correspondants sont exclus en Grande-Bretagne.
  • SI 2025/1267 (pris le 3 décembre 2025, en vigueur le 4 décembre 2025) : un produit titulaire d'un label non expiré, à n'importe quel niveau du Cybersecurity Labelling Scheme de Singapour (spécification version 1.4, avril 2025), ou d'un label japonais JC-STAR (niveau STAR-1) est présumé conforme aux trois exigences (conditions B et C), et présumé satisfaire l'exigence de déclaration de conformité (nouvelle annexe 2A).

Autres points des textes : la déclaration de conformité doit contenir les éléments de l'annexe 4, dont la période de support définie et, en cas de conformité présumée via une norme, son numéro, sa version et sa date ; fabricants et importateurs la conservent 10 ans ou pendant la période de support définie, la plus longue des deux durées étant retenue. Sont exclus notamment les ordinateurs de bureau et portables et les tablettes sans connexion cellulaire (sauf s'ils sont conçus pour les enfants de moins de 14 ans), les dispositifs médicaux relevant des Medical Devices Regulations 2002, les bornes de recharge intelligentes et certains compteurs intelligents. La sanction maximale prévue à la section 38 de la loi est le montant le plus élevé entre 10 millions de livres et 4 % du chiffre d'affaires mondial éligible (« qualifying worldwide revenue »).

La Cyber Security Agency of Singapore gère quatre niveaux, chacun exigeant les paliers d'évaluation inférieurs :

PalierContenu selon la CSA
1Exigences de base « based on ETSI EN 303 645 » : pas de mot de passe par défaut, mises à jour de sécurité, signalement des vulnérabilités
2Respect de « all mandatory requirements within the ETSI EN 303 645 »
3Exigences de cycle de vie fondées sur l'IMDA IoT Cyber Security Guide, plus analyse binaire du logiciel par un laboratoire
4Tests d'intrusion par un laboratoire

Le schéma a commencé par les routeurs Wi-Fi et les hubs domotiques et couvre désormais toutes les catégories d'objets IoT grand public. La CSA mentionne des reconnaissances mutuelles avec la Finlande (niveau 3), l'Allemagne (IT Security Label du BSI, niveau 2), la Corée (CIC Basic, niveau 3) et le Royaume-Uni (conformité PSTI reconnue comme niveau 1).

Australie : règles obligatoires depuis le 4 mars 2026

Section intitulée « Australie : règles obligatoires depuis le 4 mars 2026 »

Les Cyber Security (Security Standards for Smart Devices) Rules 2025, prises en application du Cyber Security Act 2024 et enregistrées le 4 mars 2025, appliquent leur norme de sécurité depuis le 4 mars 2026. L'annexe 1 couvre les trois mêmes sujets que le PSTI : mots de passe, signalement des problèmes de sécurité, périodes de support définies et mises à jour de sécurité. Le texte ne cite pas ETSI EN 303 645.

Traficom a lancé son label de cybersécurité en 2019. Le 21 octobre 2024, l'agence a annoncé qu'elle cessait de délivrer de nouveaux labels, en invoquant les exigences de cybersécurité de la RED applicables à partir du 1er août 2025 et le Cyber Resilience Act ; les labels existants restent valables au moins jusqu'à la fin de 2024.

Le règlement délégué (UE) 2022/30 active l'article 3(3)(d), (e) et (f) de la RED pour les équipements radio connectés à internet (ainsi que certains équipements de puériculture, jouets et objets portés) à partir du 1er août 2025. La décision d'exécution (UE) 2025/138 du 28 janvier 2025 (JO du 30 janvier 2025) cite trois normes harmonisées élaborées par le CEN et le CENELEC :

  • EN 18031-1 : article 3(3)(d), protection du réseau ;
  • EN 18031-2 : article 3(3)(e), données personnelles et vie privée ;
  • EN 18031-3 : article 3(3)(f), protection contre la fraude pour les équipements traitant de la monnaie virtuelle ou de la valeur monétaire.

La citation comporte des restrictions. L'une porte sur le même sujet que la provision 5.1-1 : les clauses 6.2.5.1 et 6.2.5.2 des trois normes permettent à l'utilisateur de ne définir ni utiliser aucun mot de passe, et si cette option est mise en œuvre, la présomption de conformité ne s'applique pas. EN 303 645 ne prévoit pas cette option : un mot de passe, s'il est utilisé, doit être unique par objet ou défini par l'utilisateur.

EN 303 645 n'est pas citée au titre de la RED : l'appliquer ne donne aucune présomption. Elle garde des usages dans l'UE : catalogue de provisions pour l'analyse de risques, élément de preuve dans le dossier technique à côté d'EN 18031, et référence pour les produits sans radio (objets uniquement filaires, sans Wi-Fi, BLE ni interface cellulaire), que la RED ne couvre pas.

Le calendrier évolue. Le règlement délégué (UE) 2026/339 abroge le règlement 2022/30 avec effet au 11 décembre 2027, date d'application complète du Cyber Resilience Act (règlement (UE) 2024/2847). Les obligations de signalement du CRA pour les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves s'appliquent déjà depuis le 11 septembre 2026, aux produits radio comme non radio.

DimensionEN 303 645 V3.1.3EN 18031-1/-2/-3:2024
ProducteurETSI, TC CYBERCEN et CENELEC
Effet juridique dans l'UEAucun à elle seule, non citée au JOPrésomption de conformité à la RED 3(3)(d)(e)(f), avec restrictions, jusqu'au 11 décembre 2027
ProduitsObjets IoT grand public et services associésÉquipements radio relevant du règlement délégué 2022/30
Structure78 provisions, M ou R, dans les clauses 5.0 à 5.13 et 6Une partie par exigence essentielle de la RED
Mots de passe par défautUniques par objet ou définis par l'utilisateur, sans dérogationL'option sans mot de passe fait perdre la présomption (décision 2025/138)
Méthode d'évaluationETSI TS 103 701Dans les parties d'EN 18031
Utilisée parConformité présumée PSTI (V2.1.1), paliers du CLS de SingapourMarquage CE au titre de la RED
Marché et produitExigence légaleRôle d'EN 303 645
UE, produit radio connecté à internetRED 3(3)(d)(e)(f) jusqu'au 10 décembre 2027, puis CRA ; signalement CRA depuis le 11 septembre 2026Pas une voie de présomption ; utile comme catalogue de provisions
UE, produit sans radioSignalement CRA depuis le 11 septembre 2026, application complète le 11 décembre 2027Pas une voie de présomption
Royaume-Uni, produit connectable grand publicPSTI, SI 2023/1007Les provisions 5.1-1, 5.1-2, 5.2-1, 5.3-13 de la V2.1.1 valent conformité présumée
Singapour, label CLSSchéma de la CSABase des paliers 1 et 2
Australie, objet connecté grand publicSmart Devices Rules 2025, depuis le 4 mars 2026Non citée par le texte
Affirmation courante (y compris dans les versions antérieures de cette page)Ce que dit le texte primaire
« Treize provisions »Treize clauses (5.1 à 5.13), plus 5.0 et la clause 6 : 78 provisions en V3.1.3, 68 en V2.1.1 (tableau B.1, annexe C)
La clause 6 compte cinq familles : consentement, transparence, paramètres par défaut, télémétrie identifiante, données sensibles de l'article 9 du RGPDLa clause 6 contient les provisions 6-1 à 6-8 : information, consentement, retrait et trace du consentement, télémétrie, minimisation, agrégation et anonymisation ; aucune provision sur les données de l'article 9
Le démarrage sécurisé, la résilience aux pannes et l'examen de la télémétrie sont obligatoiresLes clauses 5.7, 5.9 et 5.10 ne contiennent que des recommandations
La norme cite TLS 1.2, IPsec, LoRaWAN OTAA, Zigbee Pro ou Thread comme mécanismes acceptésElle exige une « best practice cryptography » et ne nomme aucune version de protocole
TS 103 701 utilise un PIXITElle utilise l'IXIT (informations complémentaires sur l'implémentation pour les essais) ; le PIXIT est un terme des essais de protocoles
Les évaluations TS 103 701 se font sous accréditation ISO/IEC 17025Les exigences de compétence du laboratoire sont hors champ ; l'auto-évaluation de première partie est admise
Le PSTI britannique applique EN 303 645 V3.1.3Le SI 2023/1007 définit « ETSI EN 303 645 » comme la V2.1.1 (19 juin 2020)
Les sanctions PSTI atteignent 10 millions de livres ou 4 % du chiffre d'affairesLe maximum est le montant le plus élevé entre 10 millions de livres et 4 % du chiffre d'affaires mondial éligible (section 38)
Les niveaux 3 et 4 du CLS de Singapour ajoutent une évaluation TS 103 701La CSA décrit le palier 3 comme exigences de cycle de vie plus analyse binaire et le palier 4 comme tests d'intrusion ; TS 103 701 n'est pas mentionnée
EN 18031 est « obligatoire pour les produits radio depuis le 1er août 2025 »Les exigences essentielles sont obligatoires ; les normes harmonisées sont un moyen de démontrer la conformité, et leur citation comporte des restrictions
EN 18031 est publiée par le seul CENELECLa décision 2025/138 indique que le CEN et le CENELEC ont élaboré les trois normes
Hors champ : véhicules à moteur, infrastructures critiques (NIS2)La norme n'exclut que les équipements principalement destinés à la fabrication, à la santé ou à d'autres usages industriels ; les exclusions de véhicules viennent du PSTI britannique, pas d'EN 303 645
Une V4 est attendue en 2027L'ETSI n'a publié aucune version après la V3.1.3 ; les documents cités ici ne donnent aucune date de future révision

1. Fixer la version et les marchés. Noter la version attendue par chaque marché : provisions de la V2.1.1 pour la conformité présumée au Royaume-Uni, V3.1.3 pour une évaluation TS 103 701 actuelle, EN 18031 pour la présomption RED dans l'UE. Voir notre checklist RED pour le volet européen.

2. Remplir le tableau B.1 tôt. L'ICS oblige à trancher sur les 78 provisions. Chaque « N » ou « N/A » doit être justifié (provision 5.0-1), et le socle obligatoire (mots de passe, politique de divulgation des vulnérabilités, mise à jour sécurisée, période de support publiée, stockage sécurisé, interfaces de débogage, validation des entrées, information sur les données) oriente les choix d'architecture.

3. Évaluer et conserver les preuves. Mener une évaluation TS 103 701, en auto-évaluation ou avec une tierce partie, en parallèle des tests RED si le produit comporte une radio. Conserver l'ICS, l'IXIT et les verdicts avec le dossier technique ; au Royaume-Uni, conserver la déclaration de conformité 10 ans ou pendant la période de support définie, la plus longue des deux durées étant retenue.

EN 303 645 est un socle. Elle ne traite pas les attaques prolongées ou sophistiquées, et sa rédaction orientée résultats (« best practice cryptography », « timely ») laisse place à l'interprétation, que TS 103 701 resserre par l'IXIT et les groupes de tests sans imposer d'outils. Elle n'a pas non plus d'effet juridique par elle-même : son poids vient des régimes qui y renvoient, et ces régimes renvoient à des versions différentes. Maîtriser les provisions, en lien avec la RED 3.3 et le marquage CE, reste une base technique utile pour mettre un produit IoT grand public sur plusieurs marchés.

Sources & références

  1. ETSI EN 303 645 V3.1.3 (2024-09), Cyber Security for Consumer Internet of Things: Baseline Requirements, ETSI www.etsi.org/deliver/etsi_en/303600_303699/303645/03.01.03_60/en_303645v030103p.pdf
  2. ETSI EN 303 645 V2.1.1 (2020-06), version visée par les règlements PSTI britanniques, ETSI www.etsi.org/deliver/etsi_en/303600_303699/303645/02.01.01_60/en_303645v020101p.pdf
  3. ETSI deliver, liste de toutes les versions d'EN 303 645, ETSI www.etsi.org/deliver/etsi_en/303600_303699/303645/
  4. ETSI TS 103 701 V2.1.1 (2025-05), Conformance Assessment of Baseline Requirements, ETSI www.etsi.org/deliver/etsi_ts/103700_103799/103701/02.01.01_60/ts_103701v020101p.pdf
  5. Product Security and Telecommunications Infrastructure Act 2022 (Royaume-Uni), UK Legislation www.legislation.gov.uk/ukpga/2022/46/contents
  6. PSTI (Security Requirements for Relevant Connectable Products) Regulations 2023, SI 2023/1007, UK Legislation www.legislation.gov.uk/uksi/2023/1007/contents
  7. PSTI Security Requirements (Amendment) Regulations 2025, SI 2025/211, UK Legislation www.legislation.gov.uk/uksi/2025/211/made
  8. PSTI Security Requirements (Amendment) (No. 2) Regulations 2025, SI 2025/1267, UK Legislation www.legislation.gov.uk/uksi/2025/1267/made
  9. Règlement délégué (UE) 2022/30, article 3(3)(d)(e)(f) de la RED, EUR-Lex eur-lex.europa.eu/eli/reg_del/2022/30/oj
  10. Décision d'exécution (UE) 2025/138, citation d'EN 18031-1/-2/-3:2024, EUR-Lex eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202500138
  11. Règlement délégué (UE) 2026/339, abrogation du règlement 2022/30 au 11 décembre 2027, EUR-Lex eur-lex.europa.eu/eli/reg_del/2026/339/oj
  12. Règlement (UE) 2024/2847, Cyber Resilience Act, EUR-Lex eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/2847/oj
  13. CLS(IoT) pour les fabricants, niveaux et paliers d'évaluation, Cyber Security Agency of Singapore www.csa.gov.sg/our-programmes/certification-and-labelling-schemes/cybersecurity-labelling-scheme/for-manufacturers/
  14. Cyber Security (Security Standards for Smart Devices) Rules 2025, Federal Register of Legislation (Australie) www.legislation.gov.au/F2025L00276/latest/text
  15. Traficom cesse de délivrer de nouveaux labels de cybersécurité (21 octobre 2024, en finnois), Traficom www.traficom.fi/fi/uutiset/liikenne-ja-viestintavirasto-traficom-lopettaa-uusien-tietoturvamerkkien-myontamisen

Questions fréquentes

ETSI EN 303 645 est-elle obligatoire en Europe ?
Non. EN 303 645 est une norme européenne élaborée par le comité technique CYBER de l'ETSI, mais sa référence n'est pas publiée au Journal officiel au titre de la directive RED. Pour les équipements radio connectés à internet, la présomption de conformité à l'article 3(3)(d), (e) et (f) vient des normes EN 18031-1, -2 et -3:2024, citées avec restrictions par la décision d'exécution (UE) 2025/138. Appliquer EN 303 645 seule ne donne aucune présomption de conformité à la RED.
Quelle version d'EN 303 645 est en vigueur ?
La V3.1.3, publiée en septembre 2024 (adoptée le 11 septembre 2024, date de retrait des normes nationales divergentes au 30 juin 2025). Aucune version ultérieure n'est listée sur le serveur ETSI deliver au 7 octobre 2026. Les règlements britanniques PSTI renvoient toujours à la V2.1.1 de juin 2020, et non à la V3.1.3.
Combien de provisions contient EN 303 645 ?
La déclaration de conformité de l'implémentation (annexe B) de la V3.1.3 liste 78 provisions : 36 obligatoires (« shall ») et 42 recommandations (« should »), réparties entre la clause 5.0 (rapport de mise en œuvre), les treize clauses 5.1 à 5.13 et la clause 6 sur la protection des données. La V2.1.1 en comptait 68 (33 obligatoires, 35 recommandations). Toute recommandation non appliquée doit être justifiée par écrit (provision 5.0-1).
Comment évalue-t-on la conformité à EN 303 645 ?
ETSI TS 103 701 V2.1.1 (mai 2025) fixe la méthode pour EN 303 645 V3.1.3. Le fournisseur remplit la déclaration de conformité (ICS) et l'IXIT (informations complémentaires pour les essais), le laboratoire valide l'ICS, exécute un groupe de tests par provision revendiquée et attribue un verdict global PASS, FAIL ou INCONCLUSIVE. L'évaluation peut être de première, deuxième ou tierce partie. TS 103 701 ne définit ni schéma de certification ni exigence d'accréditation du laboratoire.
Comment le régime britannique PSTI utilise-t-il EN 303 645 ?
Le règlement PSTI sur les exigences de sécurité (SI 2023/1007), en vigueur depuis le 29 avril 2024, fixe trois exigences : mots de passe, information sur le signalement des problèmes de sécurité, période de support publiée. Respecter les provisions 5.1-1 et 5.1-2, 5.2-1 et 5.3-13 d'EN 303 645 V2.1.1 vaut conformité présumée. Depuis le 4 décembre 2025, un label CLS de Singapour ou un label japonais JC-STAR (niveau STAR-1) en cours de validité vaut aussi conformité présumée.
Une caméra Wi-Fi vendue dans l'UE doit-elle suivre EN 303 645 ou EN 18031 ?
Pour le marquage CE au titre de l'article 3(3) de la RED, la série EN 18031 est la voie de présomption de conformité jusqu'à l'abrogation du règlement délégué (UE) 2022/30 le 11 décembre 2027, date d'application complète du Cyber Resilience Act. EN 303 645 reste la référence de la conformité présumée au Royaume-Uni et des niveaux du label CLS de Singapour : un produit vendu sur plusieurs marchés doit souvent documenter les deux.
Quel est le champ d'application d'EN 303 645 ?
Les objets IoT grand public connectés à une infrastructure réseau et leurs interactions avec les services associés. La clause 1 cite par exemple les jouets connectés et babyphones, détecteurs de fumée, serrures, caméras et téléviseurs connectés, trackers de santé portés, appareils électroménagers connectés et assistants domestiques. Les équipements principalement destinés à la fabrication, à la santé ou à d'autres usages industriels sont exclus. Un objet grand public utilisé en entreprise reste un objet IoT grand public.